27 Jan 2026 : année charnière pour le pavillon français
À l’occasion de ses vœux à la presse, le Président de la Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM), Pascal de Izaguirre, a dressé le bilan d’une année 2025 contrastée et tracé les perspectives pour 2026. Si le transport aérien mondial affiche une santé robuste, le pavillon français reste fragilisé par une pression fiscale accrue et des défis opérationnels persistants.
Un secteur mondial dynamique mais un pavillon français sous tension
En 2025, le transport aérien mondial a retrouvé des niveaux records, avec près de 5 milliards de passagers transportés. En France, le trafic a atteint 183 millions de passagers, dépassant légèrement son niveau de 2019 (+1,9 %).
Cette dynamique globale ne doit toutefois pas masquer la fragilité des opérateurs français. La croissance du trafic en France (+2,8 %) reste inférieure de plus de deux points à la moyenne européenne (+5 %), dans un contexte marqué par une hausse très significative de la fiscalité en 2025.
Selon une étude Astérès pour la FNAM publiée en novembre 2025, le surcoût lié aux politiques publiques françaises peut atteindre jusqu’à 200 euros par passager sur certaines liaisons, par rapport aux grands hubs européens concurrents.
« Le transport aérien français reste sous pression. Il évolue dans un cadre où la fiscalité et l’instabilité réglementaire pèsent durablement sur sa compétitivité, alors même que le secteur doit investir massivement pour réussir sa transition environnementale », souligne Pascal de Izaguirre, président de la FNAM.
Fiscalité et compétitivité : un enjeu clé pour l’attractivité de la France
Au-delà des constats économiques déjà visibles, la FNAM alerte sur les ruptures de trajectoire induites par la hausse de la fiscalité en 2025. Dans un contexte de concurrence européenne accrue, ces choix pèsent sur la performance des compagnies basées en France et interrogent la capacité du pays à maintenir une offre aérienne compétitive sur le long terme.
Alors que plusieurs pays européens, comme la Suède ou l’Allemagne, ont engagé des inflexions de leur politique fiscale afin de préserver leur attractivité, la FNAM appelle à une réflexion stratégique de long terme sur l’avenir du transport aérien en France.
“L’enjeu est de permettre au secteur de rester compétitif pour continuer à irriguer l’économie, le tourisme, l’emploi et la cohésion territoriale”, rappelle le Président de la FNAM.
Une transition environnementale engagée, qui appelle un cadre public cohérent
Le transport aérien s’est engagé dans une trajectoire de décarbonation globale, qui dépasse largement la seule question des carburants aéronautiques durables (SAF). Innovation sur les avions et les moteurs, nouveaux matériaux, optimisation des opérations de vol et modernisation des infrastructures constituent autant de leviers déjà mobilisés pour réduire l’empreinte environnementale du secteur.
La FNAM alerte toutefois sur l’écart croissant entre les ambitions affichées et les moyens réellement mobilisés, en particulier pour le développement d’une filière nationale de SAF. Les sommes actuellement allouées apparaissent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.
“La transition est engagée. Elle ne pourra être accélérée que dans un cadre public stable, cohérent et économiquement soutenable”, souligne Pascal de Izaguirre, président de la FNAM.
L’année sera également marquée par la publication de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), deux cadres structurants qui devront pleinement intégrer les enjeux opérationnels et industriels du transport aérien.
Défis opérationnels : fiabilité, fluidité, ponctualité
L’année 2026 s’ouvre sur des enjeux opérationnels majeurs pour le transport aérien. En 2025, les retards liés à la gestion du trafic aérien ont augmenté de 50 %, représentant 6,4 millions de minutes de retard, avec des impacts directs sur la ponctualité des vols, l’empreinte environnementale et l’expérience des passagers. La priorité est que des mesures soient prises rapidement afin que la situation opérationnelle de la navigation aérienne française s’améliore cet été.
À ces tensions s’ajoutent les interrogations liées à la pleine mise en œuvre du système Entry Exit System (EES), annoncée pour avril 2026, alors que les dispositifs automatisés d’accompagnement prévus ne sont pas encore opérationnels sur l’ensemble du territoire français. Sur ce sujet également, il est impératif que la fluidité des passages aux frontières soit préservée dans les prochains mois.
Un pilier social et économique à préserver
Avec plus de 95 000 salariés et 900 entreprises, le transport aérien demeure un pilier de l’économie française et de l’emploi. Le secteur fait toutefois face à un défi démographique majeur : 19 % des salariés ont plus de 55 ans. Le renouvellement des compétences, la valorisation des métiers techniques et le financement de la formation seront essentiels pour accompagner les départs à la retraite, sécuriser les recrutements et préparer durablement l’avenir de la filière.
Dans ce contexte, la FNAM entend renforcer son rôle de fédération de référence, en poursuivant le développement de données agrégées, d’études et de contenus destinés à éclairer le débat public, tout en restant pleinement mobilisée sur les enjeux sociaux, d’emploi et d’attractivité des métiers du secteur.
“Le transport aérien est un secteur stratégique, à la croisée des enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Il mérite une vision d’ensemble et un dialogue constructif avec les pouvoirs publics”, conclut Pascal de Izaguirre.
Contacts presse : Paul Joachim – 06 04 59 51 08 – fnam@babylone.fr